Esthétique, Psychologie, Philosophie (EPP)

Penser la couleur peut être un problème philosophique, fondamentalement articulé à des problématiques relevées par différentes approches connexes à la philosophie : phénoménologique, psychologique, esthétique notamment. Cet axe interroge l’écho des tentatives de cette pensée sur notre compréhension contemporaine du monde. Il comprend : la rubrique Couleurs et philosophie (édito de B. Lafargue ; édito de J-J. Wunenberger) ; la rubrique Cinéma (édito de G. Pelé) ; la rubrique Couleurs d’artistes …

Éditos

  • Problèmes philosophiques de la couleur
    Le phénomène des couleurs s'est retrouvé au cœur de nombreuses problématiques philosophiques contemporaines. Ce recentrage est sans nul doute le résultat d'un changement de paradigme épistémique de la pensée, qui a échangé la position monarchique de l'activité intellectuelle contre celle de la sensibilité et de l’affectivité.
  • Les couleurs oubliées des écrans
    Nous vivons, au travers de nos écrans, un « modèle réduit » du monde. Pour prendre un exemple concret, on peut évoquer la couleur pourpre, ce mélange de rouge et de bleu qu’on ne trouve pas dans l’arc-en-ciel, qui peut cependant être simulé sur un écran vidéo, mais qui n’exprime véritablement ses qualités que sur un support teinté de divers composés naturels ou synthétiques.
  • Philosopher en couleurs
    Dans les années soixante, les idoles bariolées du Pop Art transforment les sublimes monochromes de l’art abstrait en nuées polychromes malicieusement kitsch, comme pour servir de toile de fond au crépuscule des « Grands Récits ». Après le règne du visage blanc, qui trouve son alpha dans la Véronique d’un Christ ...

Articles

Le pouvoir expressif des couleurs sensibles

Si la perception a de fait un rapport si intime avec les choses colorées, défaisant même la dualité sujet-objet, il faut s’attendre à ce qu’elle affecte à son tour en profondeur le sujet. Car avant d’être subsumées sous un concept et un mot, les couleurs, pures ou mélangées, nous touchent dans notre sensibilité, ont une résonance intérieure qui va bien au-delà du pouvoir d’un objet à nous émouvoir, à incliner nos sentiments.

La dimension esthétique de la perception de la couleur

La coloration des choses est un des facteurs de l’expérience esthétique en général ; elle nous fait comprendre à travers l’approche phénoménologique comment la perception n’est plus alors simple objectivation d’une qualité sensible, mais source d’une expérience qui ouvre la couleur sur un chiasme entre le dedans et le dehors, qui dépasse l’opposition entre le sujet et l’objet.

Le colorique et la poétique des couleurs chez Empédocle

L’approche physique est aujourd’hui prégnante sur la métrique, les standards et les conceptions de la couleur ; en ce sens considérer sa relation à la matière pourrait être assimilé à un archaïsme, à un avatar des antiques couleurs envisagées en tant que matière du monde. Père de la théorie des effluves et de celle des quatre éléments, le présocratique matérialiste Empédocle d’Agrigente en serait l’une des figures.

Le Gris

Sous son apparence festivalière bariolée, « stone », le monde contemporain est gris. Le gris est la couleur que prend le monde à la fin de l’histoire. Celle-ci s’achève le 14 octobre 1806 à Iéna, avec la victoire de Napoléon, dans laquelle Hegel reconnaît l’épiphanie de Dieu, qui fait rayonner le principe fondamental de la Révolution française, selon lequel tous les hommes naissent libres et égaux en droits.

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