Spatialités et couleurs
Face au consensus qui existe autour de la définition physique de la couleur en tant que valeur énergétique associée à une longueur d’onde électromagnétique donnée, l’espace demeure un concept polysémique dont la définition est difficilement cernable dans la mesure où il acquière toute sa richesse en étant saisi à travers la nature des rapports que les humains établissent avec lui. La rubrique « Spatialités et Couleur » de l’ENC s’intéresse à la couleur au prisme des spatialités et s’articule autour de trois univers humains « colorés » à la fois assertifs, intégratifs et pluriels en référence à la sphérologie sloterdijkienne. Les limites entre ces univers se tissent, s’entrecroisent ou disparaissent au grès des pratiques spatiales qui s’y installent. Ainsi, nous proposons une vision holarchique des spatialités à la croisée des espaces matériels (matérialité architecturale, urbaine, territoriale, paysagère, géographique etc.), des « quasi-espaces » (immatérialité poétique, numérique, artistique, psychologique, sémiotique etc.) et des espaces ambiants (phénomènes lumineux, sonores, olfactifs, aérodynamiques, thermiques etc.) afin d’examiner une perception située de la couleur. Les propositions attendues dans le cadre de cette rubrique mettent en exergue la nature du rapport entre l’espace considéré et la couleur étudiée, ainsi que son évolution dans le temps. Elle propose un panel de travaux de recherche qui expriment la dimension située en perpétuelle expansion de la couleur pour une fabrique « colorée » de l’espace.
Éditos
- Les spatialités sont bleues comme une orangeL’espace a toujours fait l’objet d’une polysémie qui a conduit à son appréhension comme un emboîtement d’univers façonnant l’« être-dans-l’espace » et constituant une construction sociale, une spatialité façonnée par les pratiques.

